Concours Carré des JardiniersGuillaume Lachana : un thème fertile en sol majeur

Quatrième épisode de notre série consacrée au concours "Carré des Jardiniers" 2021, voici notre visite de la réalisation « Jardin des villes, jardins des champs, jardin vivant » de Guillaume Lachana. Un projet original et pédagogique portant sur la fertilité des sols.

Responsable financier de la société Green Style basée à Pierre-Bénite (Métropole de Lyon), créée et présidée par son père Daniel, Guillaume Lachana n’était pas forcément destiné, lui le diplômé en comptabilité et gestion, à se présenter sur un concours paysager ! Baigné depuis son enfance dans le contexte de la grande entreprise familiale, comptant une centaine de collaborateurs et spécialisée dans l’aménagement et l’entretien des espaces verts, les aménagements des terrains de sport mais aussi le génie végétal et la gestion des arbres, il peut toutefois se prévaloir d’une certaine expérience et d'avoir la main « verte », sachant qu’il travaille avec son frère Bastien, devenu conducteur de travaux chez Green Style.

Le jeune homme s’est ainsi lancé dans cette belle aventure du Carré des Jardiniers 2021, avec l’ambition de mettre en avant un enjeu qui lui tient à cœur : la question de la fertilité des sols, notamment en contexte urbain.

Un côté "ville", un côté "campagne"

Répondant à la thématique du concours, « le jardin du (bon) vivant », Guillaume Lachana signe donc ici un jardin de vocation à la fois esthétique et nourricière mais aussi pédagogique. « Je me suis focalisé avant tout sur le mot "vivant", même si le "bon" se retrouve aussi dans l’aspect nourricier du jardin », commence Guillaume Lachana. « Mon idée directrice est de montrer ici comment il faut se réapproprier le vivant dans la ville au travers de la fertilité des sols », précise le concepteur du projet.

L’espace de 200 m² se divise en deux ambiances dont un côté « ville », dans lequel le visiteur va marcher sur une croûte d’enrobé composée de dalles posées en opus incertum et récupérées sur un chantier de désimperméabilisation des sols réalisés en 2021 par Green Style dans un établissement scolaire.

Le promeneur évolue alors sous une grande structure symbolisant un jardin hors-sol et qui est construite à partir de diverses essences de bois locaux (châtaignier, acacia, bouleau…), tirés de l’activité d’élagage de l’entreprise. Les arbres et leurs tuteurs sont habillés de filets en toile de jute servant de treille sur laquelle grimpe du lierre. Un effet de cocon est ainsi créé tandis que des éléments décoratifs situés en dessous apportent une ambiance « cabane » .

Côté "ville", le visiteur entre dans cette cabane du "robinson urbain".
(©Matériel et Paysage)

Les arbres lévitent

Le passage débouche sur une étonnante clairière symbolisant le côté « campagne » et qui est parsemée d’arbres en… lévitation ! « L’objectif est de susciter l’intérêt des visiteurs pour la partie racinaire de ces arbres dont les mottes sont suspendues, et de mieux prendre conscience de la vie souterraine du sol », décrit le candidat.

Pour réaliser cet effet de lévitation, à environ 30 cm au-dessus du sol, et cela sans abîmer le système racinaire des arbres, Guillaume Lachana a disposé avec son équipe (*) d’énormes socles en bois sur lesquels ont été fichés de barres de fer tor qui, s’enfonçant de 10 cm dans les mottes, ont ainsi pu maintenir les arbres.

Cet espace évoque par ailleurs une ambiance de sous-bois, avec un joli tapis de feuilles mortes associé à un broyat de bois de cèdre très odorant et qui renforce l’aspect sensoriel du jardin. Plusieurs essences locales d’arbres ont enfin été utilisées (chênes liège, noisetier tortueux, etc.), provenant des chantiers de création de l’entreprise Green Style et fournis par les pépinières Cholet et Moreau.

Côté "campagne", ces arbres lévitent dans une ambiance de sois-bois. (©Matériel et Paysage)

Un substrat fertile

Troisième « acte » de cette création, deux allées bordent le jardin avec d’un côté, un grand tronc d’arbre coupé et couché qui forme une banquette et, de l’autre côté, une série de « tables de substrats » construites dans des grumes évidées. Ces structures en bois sont issues d’un partenariat avec la scierie Grenier Bois.

« Ces bacs illustrent qu’il est possible de fabriquer un substrat pour nos cultures en ville en recyclant du limon pur excavé lors de travaux de terrassement, alors que celui-ci est habituellement jeté et considéré comme un déchet ! Nous mélangeons cette matière avec du compost, nous la laissons maturer en andains et au bout de 8 à 10 mois, cela donne un substrat fertile et parfaitement utilisable », nous explique, enthousiaste, Guillaume Lachana.

Et d’ajouter : « grâce à ce travail agronomique, la nature en ville peut-être créée durablement sans puiser dans la terre végétale du monde agricole, dans une logique d’économie circulaire ». Une démarche d’avenir, assurément !

Un parcours pédagogique explique comment fabriquer un substrat fertile à partir du limon excavé sur des chantiers urbains. (©Matériel et Paysage)

 

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