Le longicorne à col rouge (Aromia bungii) est un organisme de quarantaine prioritaire originaire d'Asie. Les règlements européens d'exécution 2025/2520 et 2025/2521 publiés dans le Journal officiel de l’UE du 16 décembre 2025 détaillent les mesures de protection contre ce ravageur des Prunus, pour éviter son introduction et sa propagation.

Une présence confirmée en Italie et en Allemagne

Le longicorne à col rouge est originaire du nord-est de l'Asie. Son aire de répartition indigène couvre un vaste territoire qui s'étend de l'Extrême-Orient russe au Vietnam, en passant par la Chine, la Mongolie et les deux Corées. Dans ces régions d'origine, cet insecte est un ravageur forestier et fruitier majeur, particulièrement redoutable. Il a été détecté pour la première fois au Japon en 2012, où il est désormais considéré comme établi.

En Europe, l'insecte a été découvert pour la première fois en Allemagne en 2011 et en Italie en 2012. Il est ainsi présent dans une zone sous confinement en Bavière (Rosenheim/Kolbermoor), avec des mesures prolongées jusqu'en 2028, des adultes et des larves ayant été détectés en 2023 et 2024.

L'Italie est le pays où l'activité du ravageur est la plus dynamique. Plusieurs régions sont touchées, notamment la Campanie (221 végétaux infestés supplémentaires identifiés en 2024, extension de la zone infestée à 118 ha) et la Lombardie (sous confinement), ainsi que le Latium et la Toscane où des mesures d'éradication sont en cours.

Le coléoptère est officiellement absent du territoire métropolitain et des départements d'outre-mer.

Dégâts et espèces hôtes

Les principales plantes hôtes du longicorne à col rouge appartiennent au genre Prunus, notamment : l'abricotier (P. armeniaca) et le pêcher (P. persica) ; le cerisier/merisier (P. avium) et le prunier (P. domestica) ; l'amandier (P. dulcis).

La réglementation étend la liste des végétaux spécifiés (soumis aux mesures de lutte) à toutes les espèces de Prunus (y compris P. laurocerasus).
D'autres espèces comme le noyer, l'olivier ou le peuplier sont considérées comme des hôtes potentiels.

Les larves d’Aromia bungii creusent des galeries sinueuses pouvant atteindre 60 cm de long dans le tronc et les grosses branches. Les signes visibles incluent des amas de sciure rougeâtre au pied de l'arbre et des trous de sortie ovales (jusqu’à 16 mm de diamètre). Ces attaques entraînent un affaiblissement général, une réduction de la fructification et souvent la mort de l'arbre.

Le développement de l'insecte dans son milieu d'origine est étroitement lié au climat, avec un cycle de vie pouvant varier de deux à quatre ans selon la latitude. C'est cette capacité d'adaptation climatique dans son aire indigène qui fait redouter son établissement définitif dans les pays européens au climat tempéré.

Mesures pour éviter sa propagation

La surveillance impose des prospections annuelles. Des végétaux sentinelles favorisent la détection précoce. En cas de confirmation de présence, une zone délimitée est créée, composée d'une « zone infestée » et d'une « zone tampon ».

La zone tampon doit mesurer au moins 2 km pour l'éradication et 4 km pour l'enrayement (confinement, lorsque l’éradication n’est plus possible).

Les végétaux infestés doivent être abattus sans délai. Dans les zones d'éradication, ce sont tous les végétaux hôtes (diamètre de plus d’1 cm) dans un rayon de 100 m autour du foyer qui doivent être détruits.

Des dérogations sont possibles dans des conditions très précises.
Les déchets végétaux, bois et emballages infestés doivent être éliminés en toute sécurité.

Le bois et les végétaux ne peuvent circuler qu'avec un passeport phytosanitaire et après des traitements stricts, comme le traitement thermique à 56 °C pendant 30 minutes.

Règlements européens :
data.europa.eu/eli/reg_impl/2025/2520/oj
data.europa.eu/eli/reg_impl/2025/2521/oj

Pour en savoir plus : Note nationale BSV