À Elsenheim, près de Colmar, dans le Grand Ried alsacien, AMR (Ateliers Mécaniques du Ried) emploie de 75 à 80 salariés principalement affectés à la production. Avec plus de quarante ans d'histoire, la société, qui appartient au groupe allemand Unterreiner Forstgeräte GmbH depuis 2015, est spécialisée dans les machines de production de bois de chauffage et agricoles. En plus de ces fabrications, elle distribue plusieurs marques complémentaires, tels les treuils Tajfun (France Nord), les grappins coupeurs Biojack, les grues forestières KTS et, tout récemment, les coins d'abattage Petzlog. AMR réalise 95 % de ses activités en Europe avec une part des ventes d'environ 53 % pour le marché français (les ventes sur le grand export, par exemple en Australie ou au Chili, sont portées par des machines spécifiques).
« L'éclair des Vosges » à l'export
À l'exportation, les machines sont vendues sous le nom Vogesenblitz, « l'éclair des Vosges ». Tout un symbole et une belle promotion de la région en dehors des frontières ! Le chiffre d'affaires de l'entreprise, qui avait atteint son record en 2023 avec 28,9 millions d'euros (M€), s'est élevé à 26,4 M€ en 2024, notamment en raison d'un marché agricole plus dégradé. Reconnue dans ses univers de prédilection, la société participe à de nombreux salons professionnels français et en dehors des frontières. Elle est également sponsor historique de clubs de bûcheronnage et de l'équipe de France des Stihl Timbersports. Dirigée par Ludovic Fava depuis presque un an, l'entreprise reste très attachée à ses valeurs et à la proximité avec ses salariés. Elle travaille avec un réseau de plus de 800 revendeurs français actifs (avec des machines en exposition). Nombre d'entre eux sont mixtes agricole-motoculture ou spécialisés dans les espaces verts et la forêt (environ 60 % du réseau).
Des investissements permanents…
AMR a été fortement développée par Robert Heissler entre 2005 et 2011. Cet entrepreneur, actif dans l'imprimerie spécialisée, a eu le coup de foudre pour « l'éclair des Vosges ». Il a notamment apporté de nouvelles idées et structuré l'organisation commerciale, mais aussi le développement des produits en créant un vrai bureau d'études. De 5 M€ à son arrivée, la société a plus que multiplié par deux son chiffre d'affaires jusqu'en 2011, lors de son départ à la retraite. « La première scie à tambour Quatromat est lancée en série en 2012 », se souvient le responsable commercial France, Guillaume Kaiser, dans la maison depuis 17 ans. « Nous avons commercialisé dix machines en une semaine et quarante en un mois. Les ventes en fin d'année atteignaient 150 unités et, à l'heure actuelle, nous sommes en mesure d'en fabriquer 120 par mois. Une belle réussite », souligne ce pilier de l'entreprise.
… et de gros travaux en 2015
Le site d'Elsenheim est une véritable fabrique disposant de plusieurs chaînes de montage réorganisées ou nouvellement créées, d'où sortent chaque année de 4 800 à 5 000 matériels. Pour atteindre ces volumes de production, d'énormes travaux, dont un nouveau hall en 2017, ont été réalisés avec l'appui des actionnaires (entre 5 et 6 M€ depuis 2015). L'usine possède des machines à découpe laser (y compris pour les tubes, depuis 2021) et des robots de soudure lui permettant d'internaliser de nombreuses tâches – à l'instar de la peinture par thermolaquage grâce à l'installation d'une grenailleuse industrielle.
De nombreux succès
En 2020, la Splitomat, une machine à bûchettes à fonctionnement automatique est lancée, et AMR décompte 3 000 scies circulaires à tambour Quatromat sorties de l'usine. La communication sur la marque prend aussi de nouvelles dimensions avec le démarrage, en 2022, du sponsoring de l'équipe de France des Stihl Timbersports. En 2023, la fabrication comprend trois lignes de montage : l'une d'elles est dédiée aux fendeuses, une autre aux scies, et une dernière est réservée aux machines de plus petites séries ou plus encombrantes.
Le développement est lui aussi internalisé, l'entreprise disposant de son propre bureau d'études où travaillent trois ingénieurs, bientôt rejoints par un quatrième. Des brevets sont déposés. Trois le sont, par exemple, sur les scies à tambour, lesquelles ont nécessité deux ans de développement et un investissement de 250 000 €.
À l'écoute du marché
AMR, qui peut se prévaloir d'être un véritable constructeur français, investit dans la sécurité des produits et participe à la normalisation des machines dangereuses ainsi qu'à ses évolutions (par exemple, les scies circulaires avec capotage). Il incite les revendeurs et clients à venir découvrir l'usine et ses processus qualité. Son succès provient aussi de son écoute du marché et des retours des clients. « Nos machines sont testées individuellement durant un quart d'heure en sortie de chaîne », précise Ludovic Fava, lors de notre visite du site. Le directeur général insiste sur les conditions de sécurité au travail des collaborateurs, encadrées par des procédures suivies par deux responsables (qualité, hygiène, sécurité, environnement, d'une part, et management de la qualité, d'autre part).
Le stockage des produits finis, fabriqués sur place ou importés, auquel s'ajoute un stock tampon implanté dans le Sud-Ouest, permet de répondre rapidement à la demande. L'entreprise veut développer son offre en interne ou en externe en distribuant des produits cohérents dans son périmètre, à l'image de la récente distribution des matériels Biojack et Petzlog. Son objectif est de répondre aux besoins à la fois des professionnels de la filière du bois de chauffage, des agriculteurs et des particuliers exigeants, en leur apportant de véritables choix techniques différenciés, de la productivité et de la sécurité.
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