Les bons résultats du 1er trimestre 2014 sont trompeurs

Les chiffres économiques du 1er semestre 2014, dévoilés en septembre par l’Unep, sont encourageants, aussi bien en création qu’en entretien des jardins et des espaces verts. Mais plusieurs signes inquiétants persistent : dégradation du nombre de construction de logements neufs, baisse du pouvoir d’achat des ménages, projet de réforme territoriale…

Après une année 2013 débutée dans le rouge, les chiffres du 1er semestre 2014 redeviennent positifs : +4,5 % au 1er trimestre et +4 % au 2e trimestre 2014. Cela concerne à la fois l’entretien (+4,5 % au 1er trimestre) et la création de jardins et espaces verts (+5 % sur le 1er trimestre). Cette hausse de l’activité apparente doit pourtant être mise en perspective. Ces chiffres correspondent à l'évolution du chiffres d'affaires du trimestre par rapport à celui de l'année passée. Or, en 2013, le 1er trimestre a accusé une baisse de -3,5 % alors que le second voyait une crsoissance nulle. En termes de chiffre d’affaires, le gain est donc faible pour les entreprises du paysage. Le début d’année 2014 a surtout bénéficié d’un effet conjoncturel : une météo ensoleillée alliée à la nécessité de finaliser les chantiers avant le changement des équipes municipales fin mars.

Faible reprise des commandes sur l’ensemble des marchés
Les résultats du baromètre confirment l’importance des jardins pour les Français. En effet, le marché des particuliers enregistre les meilleurs résultats parmi les différentes clientèles avec +5,5 % au 1er trimestre 2014 et +5 % au second. Les marchés publics enregistrent également une stabilisation de leur activité. En effet, avec +4,5 % au 1er trimestre 2014 et +2 % au second, la croissance permet de compenser la baisse record du début d’année 2013 : -5 % sur le 1er trimestre et -1 % au 2e trimestre. Les marchés privés réalisent un bon début d’année dans l’ensemble avec +3 % et +4 % sur les deux premiers trimestres 2014.

Les entreprises continuent d’investir et d’embaucher malgré les incertitudes
Malgré le contexte économique défavorable, les entreprises du paysage continuent à miser sur le développement de leur activité. Ainsi, avec un taux d’embauche (8,5 %) supérieur à celui des départs (6,5 %), les effectifs de la profession croissent à nouveau. Les intentions d’embauche au 1er semestre 2014 (37 %) ont même été dépassées : 52 % des entreprises sondées ont recruté depuis le début de l’année 2014.
La proportion élevée de CDD (53,5 % des embauches effectuées au 1er semestre 2014) témoigne néanmoins du caractère fragile de la reprise de l’activité et invite à la prudence.
Du fait de cette visibilité réduite, un peu moins d’1 chef d’entreprise sur 2 déclare avoir investi au 1er semestre 2014 (49 %) et 34 % envisagent de le faire sur le prochain semestre, un chiffre en légère baisse par rapport à 2013 (37,5 %).

TVA, carnets de commande, croissance : les inquiétudes persistent
De sérieuses inquiétudes persistent chez les entrepreneurs du paysage : 1 sur 4 craint une baisse de ses carnets de commandes. C’est notamment le cas au sujet des commandes publiques, qui semblent souffrir d’un gel durable depuis la mise en place des nouvelles équipes municipales. La hausse de la TVA du 1er juillet 2013 impacte également le secteur avec la perte d’un tiers de la clientèle des entreprises réalisant des petits travaux de jardinage en service à la personne au 1er semestre 2014. Les entrepreneurs font également part de leurs inquiétudes pour trouver du personnel qualifié.
Pour le second semestre, les prévisions de croissance sont un peu en retrait avec une hausse du chiffre d'affaires de +2 % au 3e trimestre et +1 % au 4e. Il faut dire que les paysagistes avaient bénéficié d'un rebond d'activité en fin d'année 2013 grâce à des conditions climatiques exceptionnellement clémentes.