Le 48ème congrès de l'Unep s'est déroulé à Beaune les 14 et 15 octobre. Il a réuni plus de 300 personnes.

Congrès Unep 2016 : Catherine Muller en marche pour un second mandat

Le congrès de l’Unep 2016 vient de désigner Catherine Muller pour un second mandat à la tête de l’organisation nationale. Le bureau très stable n’est que partiellement renouvelé.

Elue lors du salon Paysalia 2013, Catherine Muller, a présenté son bilan dans le cadre du congrès qui vient de prendre fin à Beaune dans la région Bourgogne Franche-Comté. Elle s’est adressée aux adhérents avec un programme pour les trois prochaines années avant qu’ils ne mettent leur bulletin de vote dans l’urne. Le suspense n’était pas vraiment au rendez-vous, la présidente étant l’unique candidate à sa succession. Elle vient donc d’être réélue haut la main par les chefs d’entreprise de l’organisation professionnelle.

Catherine Muller vient d'être réélue pour un second mandat à la tête de l'Unep. Elles est ici accompagné par Franck Furtin, le président de la région Bourgogne-Franche Comté, organisatrice du congrès.

Catherine Muller vient d’être réélue pour un second mandat à la tête de l’Unep. Elle est ici accompagnée par Franck Furtin, le président de la région Bourgogne-Franche Comté organisatrice du congrès.

Cependant, il est intéressant de commenter la fréquentation car les chefs d’entreprise auraient pu bouder une élection sans véritable enjeu. Non. Ils ont répondu nombreux à l’invitation de leur organisation nationale avec 250 personnes présentes au dîner du jeudi, la veille du congrès, et 317 prévues au Château du Clos de Vougeot lors de la soirée de gala le vendredi, journée de l’assemblée générale élective. Pour Catherine Muller, cette bonne fréquentation était d’ores et déjà un indice important à l’heure de la présentation de son premier bilan.

 « Satisfaite sur ce point, se sentant soutenue par les adhérents, l’élue a déploré la désaffection des politiques de tous bords dont au moins un aurait dû intervenir pour clôturer le rassemblement ».

Ceux qui étaient invités et pressentis ont invoqué de plus ou moins bonnes raisons pour justifier leur absence. Peut-être faut-il qu’un secteur soit gravement atteint, que des licenciements soient annoncés et qu’un catastrophisme ambiant braque les projecteurs sur une filière pour que les élus politiques se déplacent. Ce constat, du manque de visibilité du secteur économique des TPE et PME françaises, est aussi celui de l’universitaire Olivier Torrès qui intervenait vendredi dans un atelier intitulé « entreprendre, c’est bon pour la santé ». Le fondateur de l’Observatoire de la santé du dirigeant Amarok, n’a pas pris de gants pour fustiger les politiques qui, dans un contexte économique difficile, ne pensent que par le prisme des grands groupes mondialisés ou des grands secteurs très

L'universitaire Olivier Torrès est intervenu lors du congrès sur le thème "entreprendre c'est bon pour la santé".

L’universitaire Olivier Torrès est intervenu lors du congrès sur le thème « entreprendre c’est bon pour la santé ».

structurés. Celui qui se présente comme PMiste milite pour replacer l’entrepreneur au centre du village en soulignant qu’ils représentent en France 3,5 millions de personnes créatrices de valeur ajoutée pour le pays*. Le secteur du paysage avec ses 28600 entreprises et ses 91100 emplois privés, pèse un chiffre d’affaires de 5,3 milliard d’euros (Unep-chiffres clés 2015 des entreprises du paysage), il ne s’agit donc pas d’un secteur anodin notamment lorsque l’analyse porte sur l’attractivité des territoires et sur l’économie locale. Les adhérents de l’Unep, comme leur présidente, étaient également surpris du manque de sagesse des politiques, notamment lorsque ces derniers sont en période pré-électorales et que les structures du paysage ont beaucoup à dire sur ce qu’elles peuvent apporter de positif dans les territoires. La présidente a nuancé cependant ses propos en soulignant que les actions de l’organisation qu’elle préside sont de plus en plus utilisées par les élus locaux (notamment les études réalisées avec le soutien de Val’Hor expliquant les bénéfices du végétal en ville et les tendances de l’Observatoire des villes vertes co-créé avec Hortis). L’Unep indique aussi construire des relations constructives avec l’AMF (Association des maires de France).

Plus de 300 personnes étaient présente à Beaune, l'ambiance du congrès était studieuse et très conviviale.

Plus de 300 personnes étaient présentes à Beaune, l’ambiance du congrès était studieuse et très conviviale.

L’ambiance était donc plaisante et conviviale. C’est l’avis de Franck Furtin, président de la délégation régionale de Bourgogne-Franche Comté. Il estime que le congrès 2016 se place dans la catégorie des belles réussites. Pour retrouver trace de la précédente organisation du congrès national dans la région (déjà avec une soirée au Clos de Vougeot) il faut remonter 26 ans plus tôt dans les annales. Ce coup de projecteur sur la région lui a permis de faire partager son dynamisme, la délégation régionale s’est développée et vient d’ailleurs de déménager dans ses nouveaux locaux à Créancey (21). Le président, l’équipe d’élus et la secrétaire générale Sophie Barot-Cortot, travaillent au développement du syndicat sur les départements de cette région qui regroupe 176 adhérents et souhaite voir ce nombre augmenter. En cela, les objectifs régionaux sont en adéquation avec ceux du national.

Catherine Muller précise que la stratégie 2017-2020, préparée suite à des enquêtes menées auprès des adhérents cette année, se résume en cinq mots clés : appropriation, communication, développement, formation, innovation. A partir de cela, le plan d’actions va être mis en place. Il sera proposé en conseil d’administration le 9 décembre prochain. Sont déjà annoncés en avant-première plusieurs rendez-vous comme le lancement du second Concours de l’innovation au sein du secteur du paysage réalisé avec le soutien de Val’Hor dont les résultats seront présentés sur le salon Paysalia 2017 à Lyon Eurexpo du 5 au 7 décembre. La présidente prévoit aussi d’organiser d’ici la fin de l’année un séminaire de réflexion sur l’enseignement supérieur dans les métiers du paysage afin de faire un bilan sur les besoins de la filière, ceci suite à reconnaissance du titre de paysagiste concepteur.

La Maison du Paysage devrait être livrée à L'Unep et à Qualipaysage début 2017.

La Maison du Paysage devrait être livrée à L’Unep et à Qualipaysage début 2017.

Au sein de l’organisation nationale, l’actualité s’accélère également avec le recrutement d’un nouveau délégué général qui prendre officiellement ses fonctions au 1er novembre. Il était en visite au congrès (pas si incognito que cela) et vient du milieu des organisations professionnelles. En 2017, le déménagement dans la Maison du Paysage à Paris (19ème arrondissement) sera aussi un événement important. Les locaux acquis font l’objet de travaux de rénovation actuellement, ils accueilleront non seulement l’Unep mais aussi Qualipaysage, le second copropriétaire. D’autres organisations du secteur pourraient rejoindre ces deux instances de la filière sur le même site.
Le congrès fut aussi l’occasion de présenter l’équipe dirigeante actuelle dont une partie se renouvelle. Trois départs et trois arrivées ont été annoncés au sein du bureau. Olivier Bedouelle, Fabienne Gorce, Philippe Feugère le quittent. L’instance décisionnelle nationale accueille Barbara Dekeyser*, chef d’entreprise en Ile-de-France, spécialiste de protection des plantes, membre de la commission Qualité-Sécurité-Environnement, Gilles Espic (président de la région Rhône Alpes/Auvergne) et Jean-Marc Sipan, président de la commission nationale emploi-formation et entrepreneur dans la région Centre-Limousin. L’Unep est donc organisée pour un second mandat dont une des tâches sera aussi de travailler bien en amont à la succession des actuels élus au plan national.

* Selon l’Insee, en 2012, les secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers comptent 3,3 millions d’entreprises pour un chiffre d’affaires hors taxe global de 3 700 milliards d’euros et une valeur ajoutée de 980 milliards d’euros, soit 52 % de la valeur ajoutée de l’ensemble de l’économie française.
* Barbara Dekeyser a supervisé le guide des méthodes alternatives au désherbage chimique qui vient d’être mis en ligne sur le site internet de l’organisation professionnelle et est téléchargeable.

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