Festival international de Chaumont Quatre prix décernés par la profession

Le festival international des Jardins du domaine de Chaumont Sur Loire (41) a mis en place pour la première fois un concours récompensant les jardins les plus créatifs et qualitatifs. L'opération a été réalisée en partenariat avec l'UNEP et la FFP.

Le célèbre festival international des Jardins du domaine de Chaumont Sur Loire (41), dont la 23ème édition était placée cette année sous le thème des jardins des « péchés capitaux », a mis en place pour la toute première fois depuis sa création un concours récompensant les jardins les plus créatifs et qualitatifs. Il a notamment été mis en oeuvre en partenarait avec l'Unep et la FFP.
Sur les 26 équipes inscrites en compétition cette année (architectes, paysagistes jardiniers...) 4 prix ont ainsi été décernées dans les catégories suivantes : "Création", "Design et idées novatrices", "Palette et harmonie végétale", "Jardin transposable". Un prix spécial a par ailleurs récompensé un jardin hors-norme. Le jury était composé d’artistes, d’architectes, de paysagistes, de journalistes, de critiques d’art et de jardiniers. Voici donc les lauréats :
 

 


« Prix de la Création ». L'heureux lauréat est l’équipe de concepteurs du jardin «Paradis inversé », composée des paysagistes Arie Van Der Hout et Richard Van den Berg. Elle a su de manière parfaite, inventer sur le thème du festival, un jardin d’une grande efficacité visuelle et conceptuelle, tout à la fois innovant et remarquablement végétalisé. Le jardin dénonce la société de consommation. Les morceaux de caoutchouc (pneus), les arbres morts, les empilements de rectangles, les ardoises menaçantes ainsi que les cactus plantés sur un sol brûlé en arrière-plan, sont à l’image de nos déchets.
 

Prix « Design et idées novatrices ». Il récompense le travail de l’équipe de concepteurs du jardin « Bloom », composée de Johan Laure, Hadrien Balalud de St Jean et Guillaume Giraud. Les architectes nous convient ici à prendre place à une immense table encerclant un jardin chatoyant où les plantes sont recouvertes d’un paillis d’écorces colorées en rouge, symbole de passion et désir. Les sensations visuelles et odorantes invitent à un festin inaccessible, frustrant le visiteur perché sur sa chaise. Il entre ainsi dans un état d’avidité et de gourmandise. Pas moins de 40 variétés végétales ornent cet espace gourmand mêlant verveine et menthe odorante à des espèces comme Achillea millefolium, Begonia semperflorens, Euphorbia characias, Crocosmia 'Lucifer'…
 

« Palette et harmonie végétales ». Il est attribué au travail de l’équipe de concepteurs du « jardin des Pécheresses », composée de Mélanie Gasté et Aurélien Albert. qui a su réaliser avec harmonie et subtilité, un espace composé d’une exceptionnelle diversité de fleurs et plantes. Caché derrière une façade dont l'entrée est une porte capitonnée, le jardin est conçu comme un lieu confiné, un confessionnal qui se compose de 7 chambres représentant les 7 péchés capitaux. C’est une oeuvre à la fois botanique et littéraire.

 

Prix « Jardin transposable » récompense le « jardin des poules » composée par les jardiniers, charpentiers et architectes Jean Dubus, François Genouvrier, Samuel Robinne, Slim Ben Lassoued, Alexandre Chapus, Felix Dubus, Frédéric Cheverry. Cette création champêtre est une fable sur le péché d’orgueil et d’envie : « Les poules figurent les hommes qui gaspillent, chapardent et détruisent tout. Et les hommes les observent avec orgueil, se prenant pour des dieux », racontent les concepteurs. Le riche potager, face à la basse-cour, symbolise un éden avec ses valeurs de respect, d’intelligence et de raison, que les volatiles ne peuvent atteindre.Au-delà du symbole, le visiteur peut admirer et s'inspirer du chemin en rondins de bois, l’élégant aménagement de cagettes en arrière-plan et l'agréable coin détente du potager.
 

Prix spécial. Il a été décerné au jardin « résurrection ou l’éloge de la défaillance » créé par Ana Morales. Il s'agit ici d'une oeuvre hautement symbolique dont le sol, fabriqué en béton drainant, est creusé de failles et interstices où se glissent fougères, prêles et mousses. Dans cette métaphore, les péchés sont vus positivement : ils brisent le béton permettant à l’humanité de retrouver vitalité et énergie... Si le concept est un peu ardu à saisir, le visiteur n'en apprécie pas moins la beauté du lieu.

 

Réagir à cet article

Sur le même sujet

Carré des Jardiniers 2021

Lancement du concours du maître Jardinier 2021

Formation