PapillonsUne baisse alarmante des espèces européennes prairiales

En vingt ans, la population européenne des papillons de prairie a été divisée de moitié. Tel est le constat inquiétant d'un rapport publié en juillet dernier par l'Agence européenne de l'environnement (AEE).

Sur les 17 espèces suivies entre 1990 et 2011 dans 19 pays d’Europe, huit seraient en déclin, deux stables et une en augmentation (tendances incertaines pour les six espèces restantes). Cette baisse importante est particulièrement préoccupante car les papillons sont considérés comme des indicateurs représentatifs des tendances observées pour la plupart des autres insectes terrestres et donc de la biodiversité en général.
Si les causes diffèrent suivant les espèces et les pays, les deux raisons principales sont l’intensification de l’agriculture en plaine dans l’Europe de l’Ouest et l’abandon du pâturage dans les régions montagneuses et les zones humides de l’Europe orientale et méridionale. Tous deux conduisent à la perte ou la dégradation de leur habitat. Dans certaines régions du nord-ouest de l’Europe, les papillons de prairie se trouvent cantonnés aux accotements routiers, le long des voies de chemins de fer, dans les zones urbaines et les réserves naturelles. L’utilisation des pesticides est aussi mise en cause dans le cas de l’agriculture intensive.
Hans Bruyninckx, le directeur de l’AEE, tire le signal d’alarme : « Il est impératif de prendre conscience de l’importance des papillons et des insectes en général : leur rôle de pollinisateur est en effet essentiel pour les écosystèmes naturels et l’agriculture. »
Arnaud Greth, le président et fondateur de l’association de protection de la biodiversité de proximité Noé Conservation, se fait l’écho de ces paroles en appelant le grand public mais aussi les collectivités et les professionnels à « accentuer l’effet papillon ». Que ce soit au travers de l’Observatoire des papillons de jardin (OPJ), lancé en 2009 à destination du grand public, ou via ProPaGe, un protocole de suivi des papillons dans les espaces verts urbains proposé depuis 2009 aux professionnels.

Photo : contrairement aux sept autres espèces en déclin, l’Azuré du serpolet (Phengaris arion) voit sa population européenne chuter rapidement. Il est d’ailleurs inscrit depuis 2007 dans la liste des insectes protégés en France.

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