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Bioagresseurs Xylella fastidiosa : de l’éradication à l’enrayement

Lavandula sp. fait partie de la liste socle d’espèces spécifiées fréquemment trouvées contaminées par Xylella fastidiosa subsp. multiplex en Occitanie.

Face à la progression de la bactérie Xylella fastidiosa en Europe et à l’impossibilité d’éradiquer certains foyers en France, le dispositif réglementaire vient d’être adapté, en particulier en Occitanie.

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Le règlement d’exécution (UE) 2025/2231 du 3 novembre 2025 modifie le règlement (UE) 2020/1201 afin d’intégrer les réalités de terrain constatées en France. Les enquêtes menées ont en effet démontré que, dans plusieurs zones délimitées de la région Occitanie, la bactérie Xylella fastidiosa ne peut plus être éradiquée. La France a transmis à la Commission européenne la liste des municipalités concernées, désormais ajoutées à l’annexe III du règlement, qui recense les zones où s’appliquent les mesures d’enrayement.

Application en France

Pour tenir compte de ces évolutions, l’arrêté national du 5 février 2026 modifie celui du 19 octobre 2020. Il introduit une distinction entre zones d’éradication et zones d’enrayement. Pour les premières, le préfet définit par arrêté la liste des communes en zone infectée, la liste des communes en zone tampon, une cartographie obligatoire des périmètres concernés. L’arrêté doit aussi mentionner la sous-espèce de Xylella fastidiosa lorsqu’elle est identifiée.

Les mesures d’enrayement s’appliquent désormais dans les zones infectées listées à l’annexe III du règlement (UE) 2020/1201 et, si nécessaire, dans des périmètres fixés par arrêté préfectoral. Le préfet doit y lister :
. les communes de la zone tampon ;
. les communes « de la bande intérieure de la zone infectée » ;
. et fournir une cartographie détaillée.

Occitanie : un arrêté préfectoral…

En réponse à ces évolutions, la région Occitanie a publié le 6 mars 2026 un nouvel arrêté fixant les mesures applicables contre Xylella fastidiosa souche multiplex. Il actualise ainsi les périmètres réglementaires (communes en zone d’enrayement ou zone d’éradication) et établit une liste socle de végétaux à risque. Cette dernière recense les espèces les plus souvent contaminées, afin de cibler les mesures de contrôle.

Enfin, les mesures de surveillance renforcée des zones délimitées sont précisées : 
. déclaration ou autorisation préalable pour toute plantation de végétaux spécifiés en zone d’enrayement ;
. conditions strictes de mise en circulation des végétaux destinés à la plantation et cultivés en zone délimitée.

… Et une liste socle régionale

En Occitanie, une liste socle d’espèces spécifiées fréquemment trouvées contaminées par Xylella fastidiosa subsp. multiplex est prise en compte pour certaines mesures phytosanitaires :
- Coronilla valentina (coronille glauque),
- Cytisus scoparius (genêt à balais),
- Dittrichia viscosa (inule visqueuse),
- Lavandula (lavandes, lavandins),
- Medicago sativa (luzerne),
- Prunus dulcis (amandier),
- Rosa canina (églantier),
- Spartium junceum (faux-genêt d’Espagne).

« En mars 2026, cette liste de 8 espèces/genre (sur environ 50 trouvées contaminées au niveau régional) couvre 93 % des détections de Xylella fastidiosa en Occitanie », peut-on lire sur le site de la Draaf d’Occitanie. « L’espèce Spartium junceum en représente à elle seule 63 %, et 12 % pour Prunus dulcis. »

Une bactérie qui progresse en Europe

Identifiée pour la première fois en Europe en Italie en 2013 (souche pauca), Xylella fastidiosa a depuis été détectée en Corse et en région PACA en 2015, en Allemagne et en Espagne en 2016, au Portugal en 2019, en Occitanie en septembre 2020 (Aude, souche multiplex).

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