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Organismes nuisibles Capricornes asiatiques : mise à jour des mesures de lutte

Anoplophora glabripennis.

Trois règlements européens du 29 septembre 2025 parus au Journal officiel de l’Union européenne en décembre actualisent les exigences phytosanitaires relatives à Anoplophora chinensis et Anoplophora glabripennis.

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Trois règlements européens* - adoptés le 29 septembre 2025 - introduisent des changements pour harmoniser et optimiser la lutte contre Anoplophora glabripennis et Anoplophora chinensis. Ces deux capricornes asiatiques sont des organismes nuisibles de quarantaine.

Les exigences relatives à l'introduction et à la circulation des végétaux, auparavant détaillées séparément (décision 2015/893 pour A. glabripennis et règlement 2022/2095 pour A. chinensis) sont désormais centralisées dans les annexes (VII, VIII, XI et XIII) du règlement (UE) 2019/2072.

Évolution des listes de végétaux soumis aux inspections

La gamme des végétaux soumis aux mesures de contrôle a été révisée sur la base de l'expérience acquise sur le terrain.

Pour Anoplophora chinensis, la définition des végétaux hôtes est élargie à l’ensemble des espèces du genre Aesculus et non plus seulement Aesculus hippocastanum, suite à de nouvelles détections dans l'Union.

À l'inverse, pour Anoplophora glabripennis, la liste des végétaux hôtes a été réduite aux seules espèces pour lesquelles des symptômes ou une présence ont été effectivement constatés dans l'UE.

Les genres qui ne sont plus considérés comme des hôtes privilégiés et qui présentent un risque phytosanitaire plus faible ont été supprimés des listes d'exigence : Alnus (aulne) ;Carpinus (charme) ; Cercidiphyllum ; Corylus (noisetier) ; Fagus (hêtre) ; Koelreuteria (savonnier) ; Platanus (platane) ; Tilia spp. (tilleul). Désormais, le règlement 2025/1952 limite la définition des végétaux spécifiés aux seuls genres Acer spp., Aesculus spp., Betula spp., Fraxinus spp., Populus spp., Salix spp. et Ulmus spp.

Possibilité d'omettre la surveillance dans certains cas

Par dérogation, l'autorité compétente peut décider de ne pas établir de zone délimitée (et donc de ne pas appliquer la surveillance d’une zone tampon autour d’un foyer) si deux conditions préalables sont remplies :
- il existe des preuves que l'organisme a été introduit dans la zone de détection (origine externe) ;
- il ne s'est pas établi et sa dissémination est impossible en raison de sa biologie.

Dans ce cas, la surveillance intensive (rayon d'un kilomètre autour du foyer) requise pendant au moins quatre ans peut être omise quand la détection est isolée, à risque négligeable et en l’absence d’adultes.

Une communication écrite doit être faite à la Commission européenne et des mesures d'éradication sur les végétaux infestés (abattage et destruction) prises immédiatement.

Une méthodologie des prospections modifiée

Les nouveaux règlements (2025/1952 et 2025/2461) imposent des prospections fondées sur les directives générales de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

Ainsi, les prospections annuelles doivent permettre de détecter un faible taux de présence avec un niveau de confiance suffisant pour prévenir tout déplacement de matériel infesté.

Dans les zones tampons et pour les enquêtes de délimitation, la conception des enquêtes doit garantir un niveau de confiance d'au moins 95 % pour détecter un taux d'infestation de 1 %.

Ce niveau est renforcé à 99 % pour les zones à haut risque, spécifiquement dans un rayon d'au moins 1 km autour des foyers.

Ces prospections fondées sur les statistiques de l'Efsa ne seront applicables qu'à partir du 1er janvier 2027.

Révision de l'échantillonnage destructif

Pour la circulation des végétaux (passeport phytosanitaire) ou l'importation depuis des pays tiers, les anciens règlements imposaient des taux fixes d'échantillonnage destructif, comme la destruction systématique de 10 % du lot (jusqu'à 4 500 unités) ou de 450 végétaux pour les lots plus importants. Ce système est supprimé. L'expérience a montré que ces taux étaient disproportionnés et entraînaient la destruction inutile de végétaux sans gain réel de fiabilité.

Désormais, la taille de l'échantillon prélevé pour l'inspection (incluant la coupe des troncs et racines) doit simplement être suffisante pour identifier un taux d'infestation de 1 % avec une confiance de 99 %.

Zones délimitées et mesures d'enrayement

Pour les zones soumises à des mesures d'enrayement (où l'éradication n'est plus possible), la largeur de la zone tampon est portée par défaut à 4 km (contre 2 km auparavant), pour compenser des mesures moins strictes dans la zone infestée. Elle peut toutefois être réduite à 2 km sous conditions spécifiques.

Contrairement aux zones d'éradication où l'abattage systématique de tous les végétaux hôtes dans un rayon de 100 m autour du foyer est la règle, l'enrayement entraîne l’abattage des seuls végétaux infestés et d’autres mesures ciblées :
- interdiction de plantation de nouveaux végétaux spécifiés en plein air dans les zones infestées (sauf normes de sécurité strictes) ;
- élimination des bois et résidus d'abattage ;
- surveillance ;
- exigences de circulation pour les végétaux et le bois…

Les règlements de 2025 officialisent ainsi l'établissement de zones d'enrayement en Italie, notamment dans les régions des Marches pour A. glabripennis, et de Lombardie (foyer de Milan) pour A. chinensis.

* Règlements européens :
data.europa.eu/eli/reg_impl/2025/1953/oj
data.europa.eu/eli/reg_impl/2025/1952/oj
data.europa.eu/eli/reg_impl/2025/2461/oj

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