Routes et infrastructures vertesNoremat : 40 ans de croissance

Noremat : 40 ans de croissance
(©Noremat)

Le constructeur Noremat, fondé par Jacques Bachmann, fête ses quarante ans. L'entreprise a souvent fait bouger les lignes des métiers de l'entretien des infrastructures vertes routières et elle compte bien continuer.

 Tout a commencé pour Noremat avec Jacques Bachmann en Lorraine près de Nancy. En 1981, celui-ci crée son activité de vente de pièces détachées à destination des utilisateurs professionnels, directement chez eux ou sur leurs chantiers. Sept ans plus tard, l'aventure s'est poursuivie avec les machines tout en conservant le service.

Jacques Bachmann et Michel Barnier Sima 2009
Jacques Bachmann et Michel Barnier, alors ministre de l'Agriculture, durant le Sima 2009. (©Matériel et Paysage)

Des débroussailleuses au VSV en passant par les tracteurs

Des débroussailleuses à bras hydraulique et unités de fauchage se distinguant par leur conception innovante, l'offre s'est développée au fil des ans vers les broyeurs adaptés à différents porteurs, les unités de valorisation et de recyclage de la biomasse, les machines de collecte et le véhicule VSV, dédié à l'entretien des accotements routiers et à divers travaux. Noremat a aussi été précurseur dans les adaptations de matériels sur les porteurs en travaillant en partenariat avec des tractoristes pour apporter la meilleure combinaison à ses clients entre l'engin et ses outils (par exemple avec Valtra sur certains montages). Avec le constructeur autrichien Lindner Traktoren, le partenariat s'est avéré plus poussé avec une offre exclusive. En 2016, celui-ci a donné naissance au porte-outil Lintrac With Noremat, dont la dernière version est animée par un moteur de 136 ch conforme à la norme antipollution Stage V (les porteurs Lintrac 100 et 130 sont référencés à l'Ugap). « Le signifiant de “Noremat” – la rentabilité du matériel – est né avec mon père. Aujourd'hui, cet acronyme est peut-être encore plus porteur de sens si l'on se réfère à la réparabilité, à la durabilité et au bilan carbone des machines, ou à l'économie circulaire. La rentabilité est globale, de la machine aux chantiers, en passant par les territoires, et nous apportons la preuve du discours avec du factuel », constate Christophe Bachmann, l'actuel dirigeant de l'entreprise. Le développement de Noremat durant ces 40 dernières années pourrait se dessiner en trois étapes interdépendantes orientées vers la rentabilité et l'accompagnement des acteurs du métier : les pièces et les machines, la gestion des chantiers, les territoires efficients.

Christophe Bachmann Noremat
Christophe Bachmann dirige l'entreprise Noremat et le groupe familial Actibac. (©Matériel et Paysage)

Élargir l'horizon et les territoires

Noremat s'implique ainsi toujours plus autour des produits, allant jusqu'à impulser, accompagner et soutenir la recherche sur des axes où personne ne l'attend. L'entreprise est active dans l'étude des moyens de lutte (pas seulement mécaniques) contre les invasives avec l'association SPIGEst ou dans le projet SAGID pour une gestion innovante des dépendances routières. Elle est aussi, avec la holding familiale Actibac, un porteur de projets, notamment dans les nouvelles technologies avec AccoPilot (application d'assistance au travail du chauffeur et d'inventaire de la biodiversité pouvant faire penser au « Waze » de l'accotement routier) ou dans le domaine de la durabilité des machines d'occasion et de la réduction de leur impact environnemental avec l'entreprise Maneko, créée à Toul voici à peine un an. Noremat effectue une veille autour des grands enjeux dont certains, tel le changement climatique, feront changer le cours des choses dans de nombreux secteurs. Maneko et ses machines reconditionnées remises sur le marché sont un outil, et le constructeur reste sur le qui-vive pour tout ce qui concerne la transition énergétique, sans fermer aucune porte. « Je ne serai pas surpris que l'on revienne à l'éthanol », confie Christophe Bachmann, avançant que les ressources sont présentes dans les territoires, et les collectivités engagées avec des objectifs d'achat durable.

Noremat siège social Ludres
Le siège de Noremat à Ludres (54). (©Noremat)

Bien implanté dans les territoires

Noremat pèse 67 millions d'euros (M€) de chiffre d'affaires en 2020 et emploie 300 salariés (le groupe Actibac, lui, a dépassé les 70 M€ de CA). La société est aujourd'hui organisée autour de neuf agences régionales afin de rester proche des utilisateurs professionnels. En juin dernier, le site ouvert sur la commune du Pin (Deux-Sèvres) est venu remplacer celui de La Tessoualle (Maine-et-Loire), qui devenait trop exigu. La nouvelle base emploie huit personnes et offre ses services sur 2 500 m2. En 2022, l'agence des Hauts-de-France sera ouverte près d'Arras, où les locaux sont déjà trouvés, puis celle de Ludres sera transférée à Toul (à 25 km), sur le site de Maneko, ce qui permettra de spécialiser le site du siège social dans les matériels neufs. Noremat exporte également pour environ 10 % de son chiffre d'affaires suivant une croissance maîtrisée dans une quarantaine de pays, allant du Luxembourg à l'Australie, en passant par le Brésil où Actibac a créé une filiale en 2015.

Un article complet a été publié dans Matériel et Paysage 169 daté novembre 2021.

Lintrac wtih Noremat
Un porteur Lintrac With Noremat 130 équipé de ses outils de travail. (©Noremat)

 

 

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