Energreen ILFB 2000Pour broyer toujours plus loin

Depuis juillet dernier, Dominique Evain, entrepreneur en Loire-Atlantique, utilise la plus grosse débroussailleuse automotrice de France. Avec ses 140 ch, l'Energreen ILFB 2000 entraîne un broyeur de 1,20 m de large, capable de travailler à une distance maximale de 17 m.

En 1999, Dominique Evain crée une société de travaux publics et d'espaces verts pour répondre à la demande des artisans, communes, entreprises et particuliers. Implantée à Vue, à 35 km à l'ouest de Nantes, cette entreprise assure diverses prestations : du terrassement à la pose de systèmes d'assainissement, aux semis de gazon, ou encore à la taille des végétaux. Avec un tracteur vigneron équipé d'une débroussailleuse, l'entreprise entretient des carrières. L'équipement évolue dans des endroits particulièrement exigus, tels que la partie haute de la carrière, entre le précipice et les arbres. Mais, jusqu'à une époque récente, un problème persistait. Avec des hauteurs de paliers de 14 m, l'entretien des flancs de la carrière et des grands talus demeurait impossible. Dominique Evain avait alors envisagé d'adapter un broyeur sur l'extrémité de la flèche d'une pelle à chenilles. Mais, il a rapidement renoncé, car il faut, d'une part, transformer la flèche, lester l'arrière de la machine et renforcer ses capacités hydrauliques. D'autre part, l'investissement s'avère trop onéreux et les évolutions rendent la pelleteuse trop lourde pour les travaux de terrassement classiques. Après bon nombre de recherches, l'entrepreneur nantais finit par trouver une automotrice capable de faire face aux problèmes rencontrés en carrière. Doté d'un moteur John Deere de 140 ch, l'engin de marque Energreen reçoit une tête de broyage de 1,20 m de large au bout de son bras télescopique d'une portée maximale de 17 m. De fabrication italienne, il est commercialisé par la société DCMA-Dario de Saint-Jory, en Haute-Garonne. « Avant d'investir près de 200 000 euros dans une telle machine, une étude de marché auprès de différents organismes et collectivités s'imposait », rapporte Dominique Evain. Les réponses, majoritairement positives, poussent à l'acquisition de l'automotrice Energreen ILFB 2000 en juillet 2007. Le rayon d'action de cet équipement est large, puisque l'entreprise intervient, selon la demande et le planning, sur l'ensemble du territoire français. « Avec cet engin, l'objectif est vraiment d'aller là où les autres s'arrêtent. Nous travaillons ainsi en complément d'entreprises d'entretien du paysage équipées de matériels plus modestes. Une première débroussailleuse fauche à proximité de la route, tandis que notre automotrice se charge des bandes plus éloignées. » Dotée d'une transmission hydrostatique et de quatre roues directrices, la machine progresse sur route à une vitesse maximale de 40 km/h. L'Energreen ILFB 2000 travaille sur 1,20 m de largeur, mais l'adaptation d'un rotor de 1,60 m s'avère possible. « L'inconvénient reste le poids du groupe de fauche. Un broyeur plus conséquent, à 17 m en porte-à-faux, serait trop lourd à supporter pour le bras », précise l'entrepreneur. Sur le plan de la conduite, plus la tête de broyage s'éloigne de la machine, plus le chauffeur excentre la masse de cinq tonnes montée sur glissière en opposition, afin d'éviter le basculement. La vitesse de fauche varie en fonction de la végétation et de l'accès dégagé pour la circulation de l'automotrice. Mais, en général, l'Energreen évolue entre 6 et 11 km/h. Le grand avantage, par rapport à un tracteur, est le pivotement du bras sur 360 degrés. Cette configuration autorise la machine à travailler en allers et retours. Cela s'avère très utile sur les voies à sens unique. « Ce type d'engin se veut également plus efficace qu'un tracteur en raison de son confort de conduite. » En 2008, la machine a commencé sa saison au mois d'avril. « Elle possède les capacités pour travailler sur l'ensemble de l'année. Mais ce concept de débroussailleuse automotrice est en phase de lancement et nécessite d'être vulgarisé, note Dominique Evain. Nous avons déjà effectué des démonstrations concluantes pour des demandes spécifiques valorisant la polyvalence de la machine. Toutefois, ces prestations demandent d'investir dans des équipements spéciaux. » Par exemple, l'entreprise réfléchit à l'adaptation d'une brosse pour nettoyer les panneaux d'autoroutes sans les rayer. Elle a aussi été sollicitée pour s'équiper d'un balai capable de nettoyer les endroits inaccessibles sous les ponts, d'un sécateur pour couper les grosses branches ou encore d'un godet de faucardage pour curer les fossés et les plans d'eau. Pour l'instant, elle fonctionne avec un groupe de broyage à couteaux en Y. Dominique Evain envisage d'investir dans une seconde tête et dans deux nouveaux rotors (fauchage, débroussaillage et gros bois) de manière à réagir plus rapidement en cas de panne. « Nous ne pouvons pas nous permettre d'immobiliser la machine 48 heures, le temps d'attendre des pièces lorsqu'il y a un souci sur le broyeur. »

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