Projet de loi "Duflot 2"Le Pacte pour le jardin s'inquiète

Le projet de loi "logement et urbanisme", dit "Duflot 2", inquiète l'association du Pacte pour le jardin.

L'association Pacte pour le jardin, représentée par son président Christophe Juif et par Hervé Bonnavaud, vice-président, vient de sonner l'alarme. Selon cette instance, née en septembre 2012, qui regroupe un collectif de dix-sept associations de jardiniers et de fédérations ainsi que des entreprises et des particuliers, la place du végétal en ville est en danger dans le projet de loi "Duflot 2".
Les deux représentants ont souligné que les objectifs initiaux de ce projet de loi étaient "louables" lorsqu'il s'agit de trouver des solutions à la crise du logement en préservant les espaces naturels et agricoles. En revanche, ils ont pointé du doigt certains volets du projet dont celui qui concerne le foncier, l'urbanisme et l'aménagement. L'association estime que les zones occupées par les jardins et espaces verts dans les espaces très urbanisés sont menacées car "à aucun moment il n'est question des jardins dans ce projet".
 

Christophe Juif et Hervé Bonnavaud de l'association Pacte pour le jardinL'association Pacte pour le jardin souhaite interpeller la Ministre en charge du dossier avant que la loi ne soit en discussion à l'Assemblée nationale. Elle indique vouloir mener différentes actions de sensibilsation et désire se faire entendre auprès du rapporteur de la loi. Un séminaire sera organisé à l'Assemblée nationale le 25 juin prochain en partenariat avec l'association "Décider ensemble" présidée par le député Bertrand Pancher.

Pour l'instant elle fourbit ses armes en s'appuyant sur le bien fondé de la présence du végétal en ville et sur les services que cela peut rendre en matière de biodiversité, d'adaptation au changement climatique, de lien social, de santé publique. L'association formule plusieurs propositions :
1) créer une Zone Urbaine Verte dans les documents d'urbanisme. Une ZUV dans laquelle les espaces verst seraient classés comme inaliénables,
2) adopter le coefficient de biotope par surface (coefficient écologique) comme certaines villes le pratiquent déjà, par exemple Berlin. Ceci conduirait à instaurer des % de surfaces vertes (horizontales, verticales...) dans les programmes de construction de logements neufs ou de réhabilitation. Chaque type de végétal faisant l'objet d'un coefficient particulier en fonction de ses propriétés,
3) inscrire la présence du végétal en ville dès la phase de planification en rajoutant un volet "jardins et espaces verts" dans les contrats de développement territorial (CDT), les études de densification urbaine, celles concernant la stratégie foncière.
4) Prendre en compte les nouvelles solutions pour freiner l'imperméabilisation des sols et l'artificialisation : par exemple avec les parkings végétalisés,
5) créer un dispositif de compensation des îlots verts supprimés.
Sur ce dernier point, Hervé Bonnavaud, président de la Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs, explique qu'une loi existe pour les jardins familiaux depuis 1976. Il ne reste qu'à l'appliquer et à lui donner du sens à un niveau plus global.

Pour en savoir plus, l'association vient de mettre en ligne un nouveau site Internet portant sur ces questions : http://www.pacte-jardin.fr/

 

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